MAREK DREWNOWSKI


Biographie

Né à Kolobrzeg en Pologne, établi à Varsovie et à Paris, Marek Drewnowski débute une carrière de pianiste dès la fin de sa formation à Cracovie et Varsovie.

1.L’artiste polonais
La carrière de Drewnowski est associée en premier lieu aux grands Maîtres de la Musique polonaise du XXe siècle – de Szymanowski à Kisielewski, de Lutoslawski à Tansman. Ils ont été les maîtres du jeune maestro qui (excepté Szymnowski) les a connus personnellement et qui se met très vite au service de leurs œuvres. En 1991 l’exécution du Concerto pour piano de Kisielewski en création mondiale au Festival de musique contemporaine « l’Automne de Varsovie », est récompensé par le Prix ORPHEUS de l’Association des Critiques musicaux. En 1993, la Fondation Hofmann (créée et dirigée par Drewnowski) édite la 4e Symphonie concertante de Szymanowski et le Concerto n° 2 de Tansman, qu’il compose en 1990 à l’intention du pianiste et dont il supervisera l’exécution. De ce dernier il dira : « lorsque j’entends Drewnowski, je ne sais plus comment je l’ai interprété moi-même.» En l’an 1974, Lutoslawski lui-même assistera Drewnowski dans l’exécution et l’enregistrement de ses deux Etudes (1941).

2.Le pianiste scarlattien
Cependant l’évolution de l’aventure artistique et particulièrement créative du pianiste varsovien – « j’ai vu Drewnowski, écrit Tansman dans une lettre à un critique musicale, T.Kaczynski, il a une foule de projets… » (18 avril 1978) - à la fois instrumentiste, chef d’orchestre, acteur, réalisateur de deux films sur Chopin signés Zanussi et Cywinska, auteur d’un scénario sur Paderewski - contribue à forger le style d’un artiste très vite réputé comme chopinien… mais qui adorait Beethoven ! Aussi bien, il se nourrit d’une tradition qui est la source la plus profonde de son génie pianistique: la tradition classique et notamment baroque. Parmi les maîtres anciens, c’est Scarlatti (15 Sonates sont gravés par TON PRESS en 1986 et rééditées en 2010 par DUX) qui sera la bonne étoile et le signe du destin. L’histoire de la percée du jeune talent a des allures de conte de fée : Un jour, à des milliers de kilomètres de Varsovie, dans une ville d’Amérique du Nord, Léonard Bernstein capte en diffusion à la New York Classical Music de la FMC une interprétation fascinante de 15 Sonates de Scarlatti. Mais personne ne connaît l’interprète. Après une année de recherche, il le découvre enfin et l’invite immédiatement aux Journées musicales de Tanglewood pour une exécution du Concerto n°1 de Brahms avec le Boston Symphony Orchestra (12 juillet 1975). Bernstein notera : « C'est le meilleur de tous ». L’événement donne une impulsion nouvelle à une carrière internationale ouverte désormais sur les grandes capitales européennes, l’Amérique du Nord, le Moyen Orient, le Japon, la Corée, l’Inde, le Continent africain. Modérément médiatisé dans une société dominée par le vedettariat – « Bernstein, disait Drewnowski, n’a pu détruire le mur qui enferme le monde musical »- le pianiste est adulé par son public qui a su reconnaître à travers une virtuosité exceptionnelle l’authenticité d’un talent à la fois savant et passionné, dans un esprit de totale consécration à la musique. La création de la Fondation Hofmann et du Festival de Nalechow appartiennent à la riche contribution de Drewnowski à l’épanouissement de la scène musicale polonaise.

3.Les Concertos de Chopin et la vocation chopinienne
Pour Drewnowski, de Scarlatti à Chopin il n’y a qu’un pas ! Chopin est un « classique lyrique », une synthèse éminemment drewnowskienne. La découverte d’une partition inconnue du Concerto en mi mineur avec accompagnement d’un quattuor à corde fera la renommée de l’artiste et scellera son destin de pianiste chopinien.

4. La création d’un orchestre :« The Chopin Soloists »
Le 15 janvier 1832 le Concerto en mi mineur fut interprété pour la première fois à la Salle Pleyel par le jeune Frédéric Chopin, encore inconnu, accompagné par le quintette à cordes de Baillot. En 1833 les éditeurs F.Kistner et M.Schlesinger de Paris, publient trois versions du Concerto en mi mineur : « pour le piano avec orchestre », avec « quintet ad libitum » et « sans accompagnement ». Ce fait oublié fut rappelé aux interprètes du Concerto en mi mineur par Marek Drewnowski, qui l’interprète pour la première fois sous cette forme le 6 août 1992 dans la Salle de la Société Frédéric Chopin (Palais Ostrogski) à Varsovie. Dans les milieux musicaux polonais, on crie à l’hérésie ! Mais les experts chopiniens qui encourageaient avec malice Drewnowski à interpréter le Concerto avec un accompagnement de tubas avaient oublié que la première édition de la version quintette porte une mention ad libitum et que par conséquent une version avec tubas est théoriquement possible ! Pour recréer le concerto chopinien, Drewnowski crée son propre orchestre, chargé de le diffuser (en y associant l concerto en fa mineur transposé par le pianiste lui-même) dans le monde entier, l’un et l’autre restitués avec leurs qualités polyphoniques jusqu’alors trop méconnues.

5. Le tournant : L’Intégrale Chopin
Depuis longtemps dédié à Chopin avec la gravure des Concertos et des Valses en CDS et DVD ( NC Arts , Londres, New York, réédition en 2010 par Warner), la carrière (et sans doute la vie entière) de l’artiste varsovien va prendre un tournant décisif le jour où, lors d’un concert de bienfaisance en Suisse, organisé par la Société Chopin-Genève, M.Drewnowski résolut d’interpréter les 24 Valses de Chopin (son cheval de bataille). Dans la salle un inconnu écoute et note dans les marges du programme : Génial ! Enfin ! Ce sera lui ! L’idée d’une Intégrale Chopin rêvée par le cerveau du mystérieux auditeur en quête d’un pianiste né et predestiné chopinien venait de prendre corps. Le projet a donné ses premiers fruits en 2008 et 2009 avec les Concertos en version de chambre (CD1), les Valses (CD2), les Préludes (CD3), les Variations (CD4), les Mazurkas I (CD5), sous les labels Harmusica, Polskie Nagrania, Fondation Hofmann. Une véritable exploration de chacune des partitions étudiées, dont certaines éditées pour la première fois, la volonté de découvrir et de restituer la signification proprement chopinienne et spécifique de chaque œuvre – cette fidélité à l’art et cette recréation de l’esthétique musicale de Chopin ont déjà été reconnues par un cercle de musiciens experts et les premiers auditeurs des premiers CDS de l’Intégrale, comme caractéristiques de celle-ci. (Ultime information : Drewnowski privilégie, en principe, le piano Blüthner, mais, pour certaines œuvres, donne la préférence à Steinway).
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